Nombre de jours entre deux dates : astuces pour les congés et RTT

Le calcul du nombre de jours entre deux dates est la base de toute planification de congés ou de RTT. Sans ce calcul, impossible de savoir combien de jours poser pour obtenir une période de repos donnée, ni combien il en reste avant l’expiration de ses droits. Ce que beaucoup ignorent, c’est que ce calcul change selon que l’on compte en jours calendaires, en jours ouvrables ou en jours ouvrés – trois modes qui ne donnent pas le même résultat.

Jours calendaires, ouvrables, ouvrés : trois comptages différents

Un jour calendaire, c’est n’importe quel jour de l’année, week-end et férié compris. Les jours ouvrables excluent uniquement le dimanche (et les jours fériés non travaillés). Les jours ouvrés excluent les samedis, dimanches et jours fériés.

Pour les congés payés, le Code du travail utilise le décompte en jours ouvrés (25 jours par an) ou en jours ouvrables (30 jours par an) selon la convention en vigueur dans l’entreprise. Poser une semaine de congés coûte 5 jours ouvrés ou 6 jours ouvrables, mais la durée réelle de l’absence est identique. La distinction est donc uniquement comptable.

Les RTT, eux, se posent presque toujours en jours ouvrés. Un RTT posé un vendredi représente un jour décompté du solde, quelle que soit la durée du week-end qui suit.

Calculer rapidement le nombre de jours entre deux dates de congé

La méthode manuelle consiste à compter les jours ouvrés entre la date de départ et la date de retour, en excluant les week-ends et les jours fériés qui tombent dans l’intervalle. Un vendredi au soir de départ et un lundi matin de retour représentent zéro jour de congé posé si le lundi n’est pas travaillé.

Pour une période plus longue, un tableur suffit. La fonction NETWORKDAYS (ou NB.JOURS.OUVRES en français) calcule automatiquement le nombre de jours ouvrés entre deux dates, avec la possibilité d’exclure une liste de jours fériés. C’est l’outil le plus fiable pour vérifier qu’une demande de congé correspond bien au solde disponible.

Les calculateurs en ligne spécialisés permettent également d’entrer directement une plage de dates et obtenir le nombre de jours à poser, en tenant compte des jours fériés de l’année en cours. Vérifier le résultat avec son propre calendrier reste nécessaire : un outil générique ne connaît pas les jours chômés spécifiques à votre entreprise.

Homme calculant le nombre de jours entre deux dates pour une demande de RTT avec smartphone et formulaire imprimé à domicile

Jours fériés et calcul des congés : un point souvent mal interprété

Un jour férié tombant dans une période de congés ne se décompte pas comme un jour de congé – à condition qu’il soit habituellement chômé dans l’entreprise. Si le lundi de Pâques est un jour normalement travaillé dans votre secteur, il sera décompté de votre solde. Dans le cas contraire, il ne l’est pas.

Le 1er mai bénéficie d’un régime particulier : c’est le seul jour férié dont le chômage est obligatoire pour tous les salariés, sans possibilité de dérogation par accord. Son traitement dans le calcul du nombre de jours d’absence est donc systématiquement identique à celui d’un week-end.

Les autres jours fériés (8 mai, Ascension, 14 juillet, etc.) peuvent être travaillés selon les accords d’entreprise. Un calculateur qui traite tous les fériés de façon identique peut donc donner un résultat inexact selon les règles applicables dans votre entreprise.

RTT : droits disponibles et délais à connaître avant de poser des dates

Avant de planifier des jours de RTT sur une période précise, il faut connaître son solde réel. Ce solde dépend de l’accord collectif applicable, pas uniquement du nombre d’heures travaillées. Deux salariés du même service, travaillant au même horaire, peuvent avoir des règles d’acquisition ou d’utilisation différentes si leurs contrats relèvent d’accords distincts.

Le délai de prévenance pour poser un RTT est généralement plus court que pour les congés payés : souvent 48 heures à quelques jours selon l’accord, contre un mois en usage pour les congés. C’est ce qui rend les RTT utiles pour construire un pont au dernier moment.

  • Vérifier le solde RTT disponible avant de calculer une période d’absence : un solde erroné fausse tout le calcul de jours entre les deux dates.
  • Identifier si l’accord prévoit des jours fixés unilatéralement par l’employeur (notamment lors de ponts imposés), ce qui réduit le solde librement utilisable.
  • Anticiper la date limite d’utilisation des RTT : dans de nombreuses entreprises, les jours non pris en fin d’année sont perdus, sauf transfert vers un compte épargne-temps.

Combiner RTT et congés payés pour augmenter une période de repos

La logique de combinaison repose sur un principe simple : identifier les séquences où un petit nombre de jours posés encadre des jours non travaillés (week-ends, fériés) pour obtenir une longue période d’absence continue.

Lorsqu’un jour férié tombe un jeudi, poser le vendredi en RTT coûte un seul jour pour obtenir quatre jours de repos consécutifs. Si le mardi suivant est également libre (ou si l’on pose un congé), la séquence s’allonge encore. Calculer le nombre de jours entre la date de départ et la date de retour permet de mesurer le ratio jours posés / jours de repos obtenus.

Les congés payés s’utilisent mieux sur des périodes longues (au moins une semaine), car leur coût en jours est proportionnel à la durée. Les RTT, plus souples dans leurs délais de demande, s’allouent plus efficacement sur des jours isolés qui entourent un férié ou un week-end.

Acquisition des congés pendant un arrêt maladie : un changement récent à intégrer

La loi n° 2024-364 du 22 avril 2024 a modifié les règles d’acquisition des congés payés pendant certaines périodes d’arrêt maladie. Des droits à congés peuvent désormais s’acquérir pendant un arrêt d’origine non professionnelle, sous conditions, et un mécanisme de report est prévu pour les congés non pris en raison d’une telle absence.

Ce changement a une conséquence directe sur le calcul du nombre de jours disponibles : un salarié revenant d’un arrêt maladie peut avoir un solde de congés supérieur à ce que son compteur affichait avant l’arrêt. Vérifier son solde réel auprès du service RH avant de planifier des dates évite de sous-estimer ses droits.

  • Demander un relevé de solde actualisé après toute absence longue, qu’il s’agisse d’un arrêt maladie, d’un congé maternité ou d’un congé paternité.
  • Intégrer les congés supplémentaires éventuels liés au fractionnement (jours accordés lorsqu’une partie des congés est prise hors de la période principale) dans le calcul global.
  • Tenir compte des délais de report imposés : les jours reportés en application de la loi de 2024 doivent être pris dans une fenêtre définie, ce qui contraint le calendrier de pose.

Calculer le nombre de jours entre deux dates ne se résume pas à soustraire une date d’une autre. Le résultat utile – celui qui correspond au nombre de jours à déduire du solde – dépend du type de décompte retenu par l’entreprise, du statut des jours fériés inclus dans la période et de la nature des droits utilisés.

Partir de ce calcul précis, puis croiser avec le solde disponible et les délais de demande, est la démarche qui permet de construire des périodes de repos optimisées sans mauvaise surprise sur le bulletin de paie suivant.